L’odeur du griot qui s’échappe de Kay Bilolo n’est pas la seule chose qui agite Pétion-Ville ces jours-ci.

Entre les vapeurs de cuisine et les parfums d’encens, une figure incontournable prépare une petite révolution. Jean Hearby Roc, alias Bilolo Kongo, ne se contente plus de soigner les âmes, il veut désormais prendre les clés de la ville.
Pourtant, c’est depuis son ancrage à Delmas 40B que ce prêtre vodou observe le chaos politique actuel. Ce n’est pas un candidat qui observe le monde depuis une tour d’ivoire huppée, mais un homme qui vit au rythme du bitume et de la réalité brute.


Son arme?
Une plume acérée qu’il trempe dans le quotidien de ses concitoyens à travers ses célèbres “Chroniques de Bilolo“.
Face à une classe politique qu’il juge déconnectée, il se dresse en défenseur acharné des sans-voix. Pour lui, le combat n’est pas seulement administratif, il est mental. Sa philosophie tient d’ailleurs en une phrase qu’il lance comme un défi :
“Le pauvre est celui qui ignore sa richesse.”
À travers ce mantra, Bilolo Kongo veut provoquer un électrochoc. Il refuse de voir les Haïtiens comme des éternels assistés. Il les voit comme des héritiers d’une puissance culturelle et spirituelle immense qu’ils ont simplement oubliée. Pour lui, devenir maire de Pétion-Ville, c’est avant tout redonner cette conscience de soi à chaque citadin, du petit marchand au grand entrepreneur.


Entre la gestion de son resto, ses devoirs spirituels et sa vie à Delmas, le “Houngan” tisse sa toile. Le pari est osé : transformer une influence mystique en pouvoir de gestion publique. Mais dans une Haïti en quête de repères, le discours de Bilolo Kongo résonne avec une clarté nouvelle. Il ne vient pas pour faire de la figuration, il vient pour secouer le cocotier politique.
Pétion-Ville est prévenue : le candidat de Delmas 40B arrive avec ses tambours, ses vérités et une certitude : la richesse est déjà là, il suffit d’ouvrir les yeux pour la voir.


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