Quand l’insécurité vide les salles de cours et brise l’avenir des universitaires haïtiens

Partout à travers la capitale, des étudiants de Université d’État d’Haïti, des universités privées ainsi que des centres de formation professionnelle sont contraints d’abandonner leurs études.

Ce départ ne résulte pas d’un manque de volonté, mais d’une nécessité imposée par l’insécurité qui ne cesse de s’aggraver sur l’ensemble du territoire national.

Ces étudiants ont perdu leur domicile, leurs biens les plus précieux et, pour plusieurs d’entre eux, des proches emportés par la violence. En quelques heures, des années de sacrifices et d’espoirs se sont effondrées. Les cahiers, les livres, les ordinateurs, les projets d’avenir ont été abandonnés derrière eux dans la fuite.

Avec les axes routiers bloqués et contrôlés par des groupes armés, de nombreux jeunes ne peuvent plus se rendre en salle de classe. Même certains locaux universitaires sont tombés sous le contrôle de ces bandes armées qui continuent de semer la panique et de paralyser le système éducatif.

Sans travail, sans ressources et sans possibilité de reprendre un cours pour occuper leur esprit, plusieurs de ces jeunes sombrent dans une profonde dépression. Le stress les consume à petit feu.

Certains voient leurs cheveux blanchir prématurément, alors qu’ils n’ont même pas encore terminé leurs études.
Beaucoup sont les aînés de leur famille. Ils portaient sur leurs épaules les espoirs de leurs parents et de leurs frères et sœurs.

Aujourd’hui, ils se retrouvent incapables d’aider les plus jeunes ou de soutenir leurs parents, eux-mêmes confrontés à d’immenses difficultés.

Certains se détruisent en silence. D’autres trouvent le soutien d’un proche ou d’amis qui leur permettent de suivre une formation professionnelle pour ne pas abandonner totalement leurs rêves.

D’autres encore n’ont d’autre choix que de quémander pour survivre.
Dans les situations les plus douloureuses, certains jeunes acceptent des relations ou des compromis qu’ils n’auraient jamais envisagés dans une vie normale, uniquement pour trouver un toit, de la nourriture ou un semblant de stabilité.

Derrière chaque étudiant absent se cache une histoire de pertes, de deuil, de stress et de sacrifices. Et derrière chaque salle de classe désertée, c’est une partie de l’avenir d’Haïti qui s’éloigne un peu plus.


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