Trafic d’armes : un ancien directeur de l’AGD dans le collimateur de la DCPJ.

L’ancien directeur de l’Administration générale des douanes (AGD) Julcène EDOUARD est désormais au centre d’une enquête de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) pour des faits présumés de trafic d’armes. Une affaire sensible qui relance le débat sur l’impunité, la faiblesse de la justice haïtienne et les efforts, souvent solitaires, de la Police nationale d’Haïti (PNH) dans la lutte contre le crime organisé.

Selon des sources policières concordantes, la DCPJ aurait réuni plusieurs éléments laissant supposer l’implication de l’ex-haut fonctionnaire dans des réseaux de trafic d’armes, un fléau qui alimente directement l’insécurité chronique et la montée en puissance des groupes armés à travers le pays. Bien que l’enquête soit encore en cours, ce dossier met une nouvelle fois en lumière les liens présumés entre certaines élites administratives et des activités criminelles.

Malgré la gravité des faits reprochés, la justice haïtienne brille, une fois de plus, par son inertie. Historiquement, peu de dossiers impliquant des personnalités influentes ont abouti à des condamnations exemplaires. Cette réalité renforce le sentiment d’impunité qui gangrène les institutions et sape la confiance de la population envers l’appareil judiciaire.

À l’inverse, la Police nationale d’Haïti continue de multiplier les efforts, souvent dans des conditions difficiles, pour freiner la circulation illégale des armes et démanteler les réseaux criminels. Des opérations, des enquêtes et des arrestations sont régulièrement annoncées, mais se heurtent trop souvent à l’absence de suites judiciaires cohérentes.

Les déclarations de l’ancien président Jovenel Moïse résonnent encore dans l’opinion publique. Celui-ci affirmait avoir nommé « une cinquantaine de juges corrompus », une accusation grave qui n’a jamais été clairement démentie par des réformes profondes ou des décisions judiciaires capables de restaurer la crédibilité des tribunaux. Au contraire, de nombreuses décisions judiciaires continuent d’être fortement contestées, tant par les acteurs politiques que par la société civile.

L’affaire impliquant l’ancien directeur de l’AGD représente donc un test majeur pour les institutions haïtiennes. La population attend des actes concrets, au-delà des annonces et des enquêtes préliminaires. Sans une justice indépendante, courageuse et cohérente, les efforts de la police risquent de rester vains, et le cycle de l’impunité continuera de nourrir l’insécurité qui étouffe le pays.


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