Le discours du maire sortant de Léogâne, Ernson HENRY, présenté comme un bilan de fin de mandat, soulève une interrogation majeure : celle du timing de l’annonce des petits projets évalués à 60 000 dollars américains chacun, rendus publics au jour J de son départ.
Dans une lecture rigoureuse, cette démarche interroge la cohérence de l’action publique. En effet, des projets qualifiés de structurants pour la commune auraient logiquement dû être initiés, ou du moins engagés, bien avant la fin du mandat. Leur présentation tardive donne plutôt l’impression d’une communication politique orientée vers la valorisation de l’image, au détriment d’une logique d’exécution et de résultats.
Ce décalage entre le moment de l’annonce et la durée effective du mandat pose un problème de crédibilité. Gouverner implique non seulement de concevoir des projets, mais surtout de les planifier, les financer et les réaliser dans un calendrier maîtrisé. À ce titre, l’annonce de telles initiatives en fin de parcours apparaît moins comme une avancée concrète que comme une tentative de rééquilibrage du bilan.
Par ailleurs, la mise en avant du montant 60 000 dollars US par petit projets semble davantage relever d’un effet d’annonce que d’un indicateur de performance. En gestion publique, la pertinence d’un projet ne se mesure pas uniquement à son coût, mais à son impact réel sur les conditions de vie de la population. Sans éléments précis sur les modalités de financement, le calendrier d’exécution ou les mécanismes de suivi, cette annonce demeure incomplète.
Cette situation met en lumière une problématique plus large : celle de la gouvernance basée sur la communication plutôt que sur les résultats. À Léogâne, comme dans de nombreuses collectivités, les citoyens attendent des réalisations concrètes, visibles et mesurables, et non des projets annoncés à la veille d’un changement d’administration.
En définitive, cette prise de parole, bien que structurée dans sa forme, peine à convaincre sur le fond. Elle révèle un contraste marqué entre les ambitions affichées et le moment choisi pour les présenter. Or, dans l’exercice de la responsabilité publique, la temporalité est un facteur essentiel de crédibilité.
À la fin d’un mandat, la priorité ne devrait pas être d’annoncer, mais de démontrer.
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