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Réginald Cangé apporte son soutien au mouvement lancé par Thoy’Art

Depuis le 1er janvier 2026, un mouvement citoyen lancé par le collectif artistique Thoy’Art suscite de vives réactions dans l’espace public haïtien. Portée symboliquement par des enfants, la campagne défend une idée simple mais percutante : les autorités publiques, leurs conjoints et leurs enfants devraient vivre en Haïti, et plus précisément dans les départements ou communes qu’ils représentent.

Parmi les voix qui ont publiquement appuyé cette initiative figure Reginald Cangé, qui a exprimé son soutien sans ambiguïté. Dans une déclaration largement relayée, il a affirmé :

Par ces mots, Reginald Cangé insiste sur une réalité que beaucoup de citoyens dénoncent depuis des années : la distance entre les dirigeants et la population. Pour lui, on ne peut pas reconstruire un pays avec des responsables qui vivent à l’étranger ou qui ne partagent pas le quotidien de ceux qu’ils gouvernent.

« Nou gen yon peyi pou’n sove.

Nou pa ka fèl ak moun kap sove…

Li ase klè e mwen kore mouvman an ✊️✊️✊️ »

Une campagne portée par des enfants

Le choix de Thoy’Art de mettre des enfants au cœur de cette campagne n’est pas anodin. Connue pour ses actions artistiques engagées et son travail communautaire, la structure a voulu interpeller les consciences à travers une voix perçue comme innocente mais légitime : celle des générations futures.

Le message central de la campagne est clair :

« Tout otorite, madanm, pitit otorite yo dwe viv nan peyi a. Yo dwe rete nan depatman oubyen komin li reprezante a. »

Autrement dit, ceux qui détiennent le pouvoir devraient être soumis aux mêmes réalités que la population : l’état des routes, le système de santé, l’éducation, l’insécurité et les conditions économiques locales. Pour les initiateurs du mouvement, vivre ailleurs tout en dirigeant le pays crée une rupture morale et politique.

Une initiative qui divise

Sans surprise, cette campagne ne fait pas l’unanimité. Elle est rapidement devenue controversée, notamment parmi d’anciens cadres de l’État. Des figures politiques comme les anciens sénateurs Edo Zenny et Jacques Sauveur Jean ont publiquement réagi, exprimant leur désaccord avec l’approche et les revendications du mouvement.

Certains critiques estiment que la proposition est irréaliste ou qu’elle simplifie un problème complexe. D’autres y voient une stigmatisation des responsables politiques ou une tentative de pression morale qui ne tient pas compte des contraintes sécuritaires ou personnelles.

Cependant, pour les défenseurs du mouvement, ces réactions illustrent précisément le malaise que la campagne cherche à mettre en lumière. Selon eux, le débat ne porte pas uniquement sur le lieu de résidence, mais sur la responsabilité, la cohérence et l’exemplarité des dirigeants.

Un débat de fond sur la gouvernance

Au-delà des prises de position individuelles, le mouvement lancé par Thoy’Art relance une question centrale : peut-on gouverner efficacement un pays sans y vivre pleinement ? Pour une grande partie de la population, la réponse est non.

Le soutien de personnalités comme Reginald Cangé donne une visibilité accrue à cette initiative et renforce son impact symbolique. Même si aucune mesure concrète n’en découle à court terme, la campagne oblige responsables politiques et citoyens à réfléchir à la notion de service public et d’engagement réel envers le pays.

Qu’on l’approuve ou qu’on la critique, cette mobilisation marque un tournant dans la manière dont les jeunes et les acteurs culturels s’impliquent dans le débat politique. Elle montre aussi que la société civile continue de chercher de nouvelles formes d’expression pour exiger des comptes à ceux qui dirigent Haïti.


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