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Haïti, Sécurité : la 35e promotion de la PNH quitte l’École nationale de police dans un contexte de crise politique


Port-au-Prince, 23 janvier
En dépit d’un climat politique tendu marqué par les désaccords persistants entre le Premier ministre et le Conseil présidentiel de transition (CPT), les institutions régaliennes poursuivent tant bien que mal leur mission. Ce vandredi 23 janvier, la Police nationale d’Haïti (PNH) a franchi une étape importante avec la sortie officielle de la 35e promotion de policiers, formée dans le cadre de la nouvelle politique sécuritaire baptisée P4000+.


Cette promotion, issue de l’École nationale de police (ENP), vient renforcer les rangs d’une institution fortement sollicitée dans la lutte contre l’insécurité qui gangrène le pays depuis plusieurs années. La cérémonie de fin de formation s’inscrit dans un contexte national difficile, où la population attend des réponses concrètes face à la montée des violences armées, aux actions des gangs et à l’effritement de l’autorité de l’État dans plusieurs zones stratégiques.


La politique P4000+, un pari sur le renforcement des effectifs
Lancée par le haut commandement de la PNH, la politique P4000+ vise principalement à augmenter de manière significative les effectifs policiers, tout en améliorant la qualité de la formation et la capacité opérationnelle des agents. Avec cette 35e promotion, la PNH réaffirme sa volonté de répondre à l’urgence sécuritaire en misant sur le facteur humain, considéré comme l’un des maillons faibles du dispositif de sécurité nationale.


Selon des responsables de l’institution policière, ces nouveaux agents ont reçu une formation axée non seulement sur les techniques policières classiques, mais aussi sur le respect des droits humains, la gestion des conflits, le maintien de l’ordre public et la lutte contre le crime organisé.


Une institution qui tient malgré la crise politique


Alors que la scène politique haïtienne reste dominée par des tensions entre l’Exécutif et le CPT, cette sortie de promotion envoie un signal fort : l’État continue de fonctionner, malgré les divisions au sommet. La Police nationale, en tant qu’institution clé de la République, s’efforce de rester à l’écart des querelles politiques afin de se concentrer sur sa mission première : protéger les vies et les biens.


Pour plusieurs observateurs, la tenue de cette cérémonie illustre une certaine continuité institutionnelle, à un moment où la gouvernance du pays est souvent remise en question. Elle démontre également la résilience de la PNH, confrontée quotidiennement à des défis logistiques, humains et sécuritaires majeurs.
Un espoir pour une population éprouvée
Dans un pays où l’insécurité a profondément affecté la vie sociale, économique et psychologique des citoyens, l’arrivée de nouveaux policiers suscite un mince mais réel espoir. La population attend désormais que ces nouveaux agents soient rapidement déployés sur le terrain, notamment dans les zones les plus affectées par la violence armée.


Cependant, plusieurs voix rappellent que le renforcement des effectifs, bien que nécessaire, ne saurait suffire à lui seul. Il doit être accompagné de meilleures conditions de travail, d’un encadrement adéquat, d’un soutien logistique renforcé et d’une volonté politique claire en faveur de la sécurité publique.


Une bataille qui continue
La sortie de la 35e promotion de la PNH constitue sans conteste un pas positif dans la lutte contre l’insécurité. Elle rappelle que, malgré la crise politique et les incertitudes institutionnelles, des efforts sont encore déployés pour préserver un minimum d’ordre et de stabilité dans le pays.
Reste à savoir si cette dynamique pourra être maintenue et renforcée dans les mois à venir, alors que la PNH demeure en première ligne d’une bataille complexe, menée jour et nuit, pour tenter de ramener la paix et la sécurité en Haïti


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