Depuis Nassau, aux Bahamas, l’icône du Compas et ancien sénateur Gracia Delva a choisi de rompre le silence. Dans une entrevue sans concession, il revient sur les zones d’ombre de sa carrière, égratigne le mythe du « Superstar Maker » Richie et rejette en bloc les accusations de kidnapping qui pèsent sur lui.
L’homme derrière la star : Le poids du silence.
Élevé par une mère omniprésente en l’absence d’un père dont il n’a connu que le visage sur photo, Gracia Delva s’est forgé seul, entre la rue et la discipline maternelle. Pour l’artiste, cette enfance a été le socle de sa résilience face aux tempêtes médiatiques qui ont suivi: « Ma mère était mon pilier, ma sécurité », confie-t-il, soulignant que c’est elle qui lui a appris le respect des femmes, loin de l’image de « brigand » que certains ont voulu lui coller.
Richie : « La musique seule ne fait pas la superstar »
L’un des moments les plus marquants de l’entretien concerne sa collaboration avec le maestro Richie. Gracia Delva remet frontalement en question le titre de « Superstar Maker » attribué à ce dernier. S’il reconnaît en Richie un « grand compositeur », Delva insiste : “le succès phénoménal de leur époque n’était pas le fruit d’un seul homme, mais d’une stratégie d’exécution”. En citant Michael Jackson, il rappelle que l’écriture ne suffit pas ; c’est l’entertainer sur scène qui transforme un morceau en légende. Pour Delva, Richie brille en studio, mais la magie opère grâce à celui qui sait captiver les foules.
Sénat et Jovenel Moïse : Un mariage de raison fini en divorce.
Son entrée en politique en 2012, motivée au départ par le besoin pragmatique de voyager, s’est transformée en un combat pour la culture,. Cependant, Delva ne cache pas ses déceptions, notamment ses frictions avec l’ancien président Jovenel Moïse. Il déplore que ses projets de loi, votés au Parlement, soient restés lettre morte, bloqués par un exécutif qu’il jugeait parfois plus préoccupé par le « carnaval politique » que par les réformes législatives.
Kidnapping et Sanctions : « Un montage politique »
Face aux accusations les plus graves, liens avec le chef de gang Arnel Joseph, rapports de la DCPJ et sanctions internationales. Gracia Delva adopte une défense offensive, Il qualifie ces allégations d’« assassinat de caractère » orchestré par ses adversaires politiques pour le « manger ». Selon lui, les preuves d’appels téléphoniques sont sorties de leur contexte et il se dit prêt à affronter n’importe quelle justice pour laver son honneur, affirmant que son nom a été injustement traîné dans la boue.
La fin d’une ère.
À l’approche de la soixantaine et père de sept enfants nés de six mères différentes, l’artiste envisage de tirer sa révérence musicale d’ici 2026. Il admet que sa vie de superstar a souvent pris le pas sur son rôle de père, une réalité qu’il regarde aujourd’hui avec lucidité et sans regret, préférant se concentrer sur son héritage.
Gracia Delva reste ce personnage insaisissable : une force de la nature capable de soulever les foules par son chant, tout en étant contraint de naviguer dans les eaux troubles d’une politique haïtienne qui ne fait pas de cadeaux.
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