Après la note publiée par la direction générale de la police, la réaction ne s’est pas fait attendre. Plusieurs policiers ont fait savoir qu’ils ne sont pas prêts à patrouiller sans cagoule, sans foulard, et surtout à retirer leurs bijoux. Pour eux, il ne s’agit pas d’un simple détail esthétique, mais d’une question de sécurité personnelle dans un contexte où les menaces sont bien réelles.
Certains sont allés plus loin. Ils affirment que si les policiers ne peuvent plus faire des coupes de cheveux (tresses/dreadlocks), les civils ne devraient pas en porter non plus. Des propos plus radicaux ont même circulé, évoquant l’idée de les couper directement sur les personnes. Ces déclarations ont choqué et alimenté la tension.
Du côté des citoyens, l’inquiétude est palpable. Plusieurs estiment que si des policiers décident d’agir de la sorte, ils s’exposent à de graves conséquences. L’expression populaire selon laquelle ils pourraient « y ap mache ak sèkèy yo dèyè tèt yo » illustre le niveau de crispation et de méfiance qui règne déjà entre une partie de la population et les forces de l’ordre.
Au-delà de la question des coupes de cheveux et des bijoux, c’est l’image de l’institution qui est en jeu. La note vise-t-elle à renforcer la discipline, à améliorer l’identification des agents, ou à restaurer la confiance du public ? Si tel est le cas, la mesure aurait besoin d’explications claires. Une décision mal expliquée laisse place aux rumeurs et aux interprétations excessives.
Il y a aussi la réalité du terrain. De nombreux policiers interviennent dans des zones à haut risque, où les groupes armés représentent une menace constante. Certains agents ont déjà été ciblés, et leurs familles vivent sous pression. Pour eux, dissimuler leur visage ou porter certains accessoires peut sembler être un moyen de protection. À l’inverse, pour les citoyens, voir un agent masqué peut accroître la méfiance, notamment lors d’opérations sensibles.
Cette situation révèle surtout un manque de dialogue. Une note administrative ne suffit pas toujours. Il faut un espace de discussion entre la hiérarchie, les agents et la société civile. La police a besoin de protection. La population a besoin de garanties et de respect de ses droits. Les deux exigences ne sont pas incompatibles, mais elles demandent de la clarté et du leadership.
Dans un contexte sécuritaire déjà fragile, chaque décision pèse lourd. La manière dont cette affaire sera gérée dira beaucoup sur la capacité de l’institution à concilier autorité, discipline et confiance publique.
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