Depuis l’invasion de groupe armé à Gressier le 10 mai 2024, des milliers de familles ont été contraintes de fuir leurs maisons et leurs activités économiques. Juste le temps d’une sombre nuit et une journée infernale des gens honnêtes et responsables citoyens deviennent des sans-abris, fauchés, dépourvus de leur fierté et une partie de leur humanité.
Avec seulement une petite valise contenant des pièces d’identité et certains effets personnels. Pour les plus chanceux, quelques maillots, des pantalons, une chaudière et des assiettes sont tous qu’ils ont pu sauver de leurs maisons. Laissant derrière eux pour la plupart l’œuvre de toute une vie, des lits confortables, des salles à manger et salle de bain bien arrangées et propres.
Pour environ 30% des déplacés de Gressier, les groupes armés ne leur ont pas donné la chance de prendre même une pièce d’identité avant de courir pour sauver leurs vies.
Zanmi lwen se lajan sere. Pour certains c’est le salon de la maison d’un proche qui devient leur nouveau chez soi. Pour d’autres c’est la galerie ou la cuisine d’un ami qui les sert de chambre à coucher quelque soit le nombre de membres que contient cette famille. Une situation humiliante qui génère beaucoup de frustration chez les déplacés.
Comme l’a déclaré Mr. Romain : ” Se yon sitiyasyon ki konplike lè w wè wap viv pi mal ke jan chen lakay ou te konn viv. Ou mèt te gen 100 lane depi se Kay moun wap viv, ou tounen timoun piti”.
Comme a dit l’autre, il y a toujours plus mal que soi. En regardant de plus près la situation de ceux et celles qui n’ont pas eu le bonheur de trouver la maison d’un proche pour déposer leurs brosses à dents et qui s’étaient obligés d’aller se réfugier sur la place Anacaona de Léogâne on peut tristement confirmer cette maudite citation.
Le plus désagréable des tableaux de la région des Palmes se trouve désormais à quelques mètres du Parc Gérard Christophe de Léogâne, dans la cour de l’auditorium de la ville auprès de la base des pompiers. Des bébés, des enfants en bas âge et des personnes âgées sans compter des centaines de braves gens qui souffrent, incapables de satisfaire même les besoins les plus fondamentaux.
Des gens abandonnés à leur sort loin de la charité et la sympathie de la population. Des gens offerts à la déshumanisation dans la crasse et la malpropreté.
Pour la plupart d’entre eux ce décembre ne devrait pas les prendre loin de chez eux. Comme Gladice une charmante dame de 57 ans à déclaré ” M te pale ak Bondye m te di l pa kite desanm sa pranm nan lari a. Pa gen zafè nwèl pou nou isit la. Nou tap fete vre wi se si n ta wè yo kwape bandi yo epi mete nou lakay nou.”
Comme l’année précédente, pour les déplacés de Gressier, les oubliés, les négligés quoiqu’ils se trouvent au cœur de la ville Léogâne, il y a pas eu de Noël 2025, pas de célébration de la nouvelle année 2026 dans la joie et la bonne humeur. Ce n’est pour eux la prolongation d’un supplice déjà trop durée. Ils supplient les autorités de faire ce qui est nécessaire pour les permettre de retourner chez eux pour enfin reprendre la vie là où elle s’était arrêtée.
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